Les trentenaires

Vous souvenez vous... de Dorothée, du premier cd, de la chute du mur de Berlin et de bien d'autres choses qui ont fait notre enfance ? Alors bienvenue sur le blog des trentenaires...

27 février 2007

La chute du mur de Berlin.

Le mur de Berlin tombe dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 novembre 1989, après plus de 28 années d'existence. Cet événement, appelé dans l'histoire de l'Allemagne die Wende (« le virage  »), est directement provoqué par des manifestations massives des habitants de Berlin-Est et une exigence affirmée de liberté de circulation dans toute la RDA, mais aussi par le flot croissant d'évasions, soit par les ambassades de plusieurs capitales de pays de l'Est (Varsovie et Prague notamment), soit par la frontière Hongrie / Autriche à Sopron sur le Lac de Neusiedl, ouverte peu avant.

Le déclic est une conférence de presse de Günter Schabowski, membre du bureau politique du SED, retransmise en direct par la télévision du centre de presse de Berlin-Est, à une heure de grande écoute. À 18 h 57, vers la fin de la conférence, Schabowski lit de manière plutôt détachée une décision du conseil des ministres sur une nouvelle réglementation des voyages, dont il s'avère plus tard qu'elle n'était pas encore définitivement approuvée, ou, selon d'autres sources, ne devait être communiquée à la presse qu'à partir de 4 heures le lendemain matin, le temps d'informer les organismes concernés.

Présents sur le podium à côté de Schabowski : les membres du comité central du SED Helga Labs, Gerhard Beil et Manfred Banaschak. Schabowski lit un projet de décision du conseil des ministres qu'on a placé devant lui. « Les voyages privés vers l'étranger peuvent être autorisés sans présentation de justificatifs — motif du voyage ou lien de famille. Les autorisations seront délivrées sans retard. Une circulaire en ce sens va être bientôt diffusée. Les départements de la police populaire responsables des visas et de l'enregistrement du domicile sont mandatés pour accorder sans délai des autorisations permanentes de voyage, sans que les conditions actuellement en vigueur n'aient à être remplies. Les voyages y compris à durée permanente peuvent se faire à tout poste frontière avec la RFA. »
Question d'un journaliste : « Quand ceci entre-t-il en vigueur ? »
Schabowski, feuilletant ses notes : « Autant que je sache — immédiatement. »
(Hans-Hermann Hertle, Katrin Elsner, Mein 9. November, éd. Nicolai, Berlin, 1999)

MurBerlin

Mur en partie détruit près de la porte de Brandebourg, un soldat surveille ce qu'il en reste, novembre 1989.

Grâce aux annonces des radios et télévisions de RFA et de Berlin-Ouest, intitulées : « Le Mur est ouvert ! », plusieurs milliers de Berlinois de l'Est se pressent aux points de passage et exigent de passer. À ce moment, ni les troupes frontalières, ni même les fonctionnaires du Ministère chargé de la Sécurité d'État responsables du contrôle des visas n'avaient été informés. Sans ordre concret ni consigne mais sous la pression de la foule, le point de passage de la Bornholmer Straße est ouvert peu après 23 h, suivi d'autres points de passage tant à Berlin qu'à la frontière avec la RFA. Beaucoup assistent en direct à la télévision dès cette nuit du 9 novembre et se mettent en chemin. Cependant le véritable rush a lieu le lendemain matin, beaucoup s'étant couchés trop tôt cette nuit-là pour assister à l'ouverture de la frontière.

Les citoyens de la RDA sont accueillis à bras ouverts par la population de Berlin-Ouest. Partout dans la ville, les bars font spontanément une opération « bière gratuite ». Un concert de klaxons résonne dans Berlin et des inconnus tombent dans les bras les uns des autres. Dans l'euphorie de cette nuit, de nombreux Ouest-Berlinois escaladent le mur et se massent près de la porte de Brandebourg accessible à tous, alors qu'on ne pouvait l'atteindre auparavant. En apprenant la nouvelle de l'ouverture du mur, le Bundestag interrompt son emploi du temps à Bonn et les députés entonnent spontanément l'hymne national.

Le 9 novembre 1989, les Berlinois entament la destruction du Mur par tous les moyens (pioche, marteau, etc.). Présent à Berlin, le violoncelliste virtuose Mstislav Rostropovitch, qui avait dû s'exiler à l'Ouest pour ses prises de position en URSS, vient encourager les démolisseurs en jouant du violoncelle au pied du Mur. La photographie de cette anecdote deviendra célèbre.

Cet événement, connu sous le nom de chute du Mur de Berlin, a abouti, presque un an plus tard, à la réunification des deux Allemagne (RFA et RDA) le 3 octobre 1990. Le 3 octobre est aujourd'hui la fête nationale allemande (Tag der deutschen Einheit, « jour de l'unité allemande »).

Le 9 novembre a été évoqué pour devenir la fête nationale de l'Allemagne, d'autant qu'elle célèbre également la proclamation de la république de Weimar en 1918. Toutefois c'est aussi la date anniversaire du putsch d'Hitler (9 novembre 1923), ainsi que la date du pogrom anti-juif, baptisé Nuit de cristal, commis par les nazis le 9 novembre 1938. Le 3 octobre a donc été préféré.

Posté par mahia34 à 14:42 - Histoire. - Commentaires [0] - Permalien [#]

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